Crèche 9

Paroisse allemande

Intérieur de l'église St-Théodule

Version française :

La plus belle crèche     

Il était une fois, il y a longtemps – ou hier seulement ? – une jeune famille : le père, la mère et leur enfant qui venait de naître. Ils vivaient dans un pays en guerre, où les jours de bonheur étaient oubliés. Les gens y perdaient leurs biens, leurs maisons, leur patrie et, pour beaucoup, leur vie. Bientôt, plus personne ne croyait au retour de la paix.

Les jeunes parents enveloppèrent donc leur enfant dans un tissus de laine, ficelèrent un baluchon et, avec peu de biens, se mirent en quête d’une nouvelle patrie où leur enfant pourrait grandir en paix. C’était et c’est toujours la fête de la paix « Noël », ce n’était plus très loin. Pendant des jours, la petite famille a marché sur des montagnes enneigées et dans des vallées gelées.

Pour manger, ils n’avaient qu’un peu de pain et quelques de baies des bois. Enfin, un soir, ils virent les lumières d’une ville étrangère devant eux. Mais où ces personnes devaient se rendre, étrangers dans un pays étranger ? Ils traversèrent en silence des rues désertes et enneigées, passèrent devant des fenêtres éclairées et se retrouvèrent soudain devant le portail d’une grande église. Ils voulaient s’y réfugier. Ils y sont entrés, frigorifiés et fatigués. L’odeur des bougies, de l’encens et des sapins les enveloppa. Devant, à côté de l’autel, se trouvait un grand sapin de Noël magnifiquement décoré. Une crèche était installée en dessous. L’arbre et la crèche, brillants d’or et d’argent, rivalisaient d’éclat à la lumière des bougies. La femme et l’homme se regardèrent, honteux. Non … il n’y avait pas de place pour eux ici. Ils quittèrent l’église en silence, comme ils étaient venus. Ils avaient vu trois clochers en descendant de la montagne. Ils continuèrent donc à marcher dans les rues vides jusqu’à ce qu’ils arrivent devant le deuxième portail de l’église. Pleins d’espoir, ils ouvrirent la haute porte et aperçurent au milieu de l’église illuminée une crèche encore plus somptueuse que la première. Ils quittèrent rapidement cette maison de Dieu. Dans la troisième église, des femmes et des enfants étaient occupés aux derniers ajustements des somptueux vêtements des personnages de la crèche.

Eblouie par tant de splendeur de Noël, la famille se retira discrètement. Personne ne les avait remarqués. Où pouvaient-ils encore aller ? Ils arrivèrent alors à une petite chapelle en ruine aux portes de la ville. La porte était ouverte. Dans le coin de la pièce nue, un bœuf et un petit âne étaient couchés, repus et satisfaits. Et au milieu se trouvait une mangeoire en bois, remplie de paille odorante. Enfin un abri pour les trois personnes ! La mère coucha son enfant endormi dans la paille chaude et s’allongea elle-même sur les marches de l’autel. Le père la couvrit de son manteau.

 

Version allemande :

Die schönste Krippe                                          

 

Es war einmal vor langer Zeit – oder doch erst gestern?

– eine junge Familie: Der Vater, die Mutter und ihr neugeborenes Kind. Sie lebten in einem Land, in dem Krieg herrschte und die Tage des Glücks vergessen waren. Die Menschen dort verloren ihre Habe, ihr Häuser, ihre Heimat und viele auch ihr Leben. Bald glaubte niemand mehr an die Rückkehr des Friedens. So wickelten die jungen Eltern ihr Kind in ein wollenes Tuch, schnürten ein Bündel und mit wenigen Habseligkeiten machten sie sich auf die Suche nach einer neuen Heimat, in der ihr Kind in Frieden aufwachsen konnte. Es war und es ist das Fest des Friedens « Weihnachten » es war nicht mehr weit.

Tagelang wanderte die kleine Familie über schneebedeckte Berge und durch eisige Täler. Zu Essen hatten sie nur ein wenig Brot und ein Paar Waldbeeren. Endlich sahen sie eines Abends die Lichter einer fremden Stadt vor sich. Doch wohin sollten die Menschen gehen, fremd in einem fremden Land?

Schweigend zogen sie durch menschenleere, verschneite Strassen, vorbei an erleuchteten Fenstern, und standen plötzlich vor einem grossen Kirchenportal. Hier wollten sie Schutz suchen. Frierend und müde traten sie ein. Der Duft von Kerzen, Weihrauch und Tannengrün umfing sie. Vorn neben dem Altar stand ein grosser, prächtig geschmückter Weihnachtsbaum.

Darunter stand eine Krippe aufgebaut. Gold- und silberglänzend strahlten Baum und Krippe im Licht der Kerzen um die Wette. Beschämt schauten die Frau und der Mann an sich herunter. Nein … hier war kein Platz für sie. Still wie sie gekommen waren, verliessen sie wieder die Kirche. Drei Kirchtürme hatten sie gesehen, als sie von dem Berg hinabgestiegen waren. So liefen sie weiter durch die leeren Strassen, bis sie vor das zweite Kirchenportal gelangten. Hoffnungsvoll öffneten sie die hohe Tür und erblickten in der Mitte des erleuchteten Kirchenraumes eine Krippe, die war noch prächtiger als die erste. Rasch verliessen sie auch dieses Gotteshaus. In der dritten Kirche waren Frauen und Kinder damit beschäftigt, letzte Hand an die üppigen Gewänder der Krippenfiguren zu legen.

Geblendet von so viel weihnachtlicher Pracht, zog sich die Familie leise zurück. Niemand hatte sie bemerkt.

Wohin sollten sie sich nun noch wenden? Da gelangen sie zu einer kleinen verfallenen Kapelle vor den Toren der Stadt. Die morsche Tür stand offen. In der Ecke des kahlen Raumes lagen satt und zufrieden ein Ochse und ein Eselchen. Und in der Mitte stand eine hölzerne Futterkrippe, gefüllt mit duftendem Stroh. Endlich eine Bleibe für die drei Menschen! Die Mutter bettete ihr schlafendes Kind in das warme Stroh und legte sich selbst auf den Stufen des Altares nieder. Der Vater deckte sie mit seinem Mantel zu.