Crèche 6

Offices du tourisme de Sion et d'Anzère

Place de la Planta

La ville de Montorge

Dans le tout vieux temps, la ville de Sion n’était pas où elle est maintenant, mais elle était à Montorge et les habitants ne faisaient plus que du mal.

Une belle nuit d’hiver qu’il faisait très froid et que le vent chassait la neige, un petit pauvre tout déguenillé est arrivé à Sion ; il a frappé à la porte d’une maison et a demandé si on pouvait lui donner un morceau de pain et le laisser entrer à côté du foumeau pour un moment. Mais ceux-ci lui ont fermé la porte au nez et le petit pauvret est allé plus loin.

Il a frappé à toutes les portes, demandant toujours la même chose. Mais personne ne l’a hébergé. Arrivé au bout de la ville, il y trouva une maison plus pauvre  que  les autres ; il a de  nouveau essayé de frapper  à la  po1te de cette maison. Une pauvre vieille femme en est sortie et lui a demandé ce qu’il voulait. Celui-ci  s’est mis à genoux  et lui a dit : « S’il vous plaît, laissez-moi entrer un moment derrière le fourneau,  et pour l’amour  de Dieu donnez-moi un petit morceau  de pain. » Celle-ci  lui a répondu : « Je suis une pauvre veuve avec trois petits enfants; je n’ai pas trop pour moi, mais entrez  tout  de  même,  nous partagerons ce que j’ai. »

Il est donc entré ; ils ont soupé ensemble et ont prié le chapelet comme d’habitude. Puis tous sont allés se coucher, le pauvre derrière le fourneau, parmi des manches d’outil.

Mais pendant la nuit, le pauvre s’est levé, a réveillé la veuve et lui a dit : « Tu n’auras pas peur, quand arrivera le matin ; tu entendras sonner les cloches et puis un bruit épouvantable. Tu ne smiiras  pas, mais  tu attendras  qu’il soit bien jour pour sortir. »

Et le petit pauvre a disparu.

Quand ce fut vers le matin, la veuve a bien entendu un bruit  à fond  de train, mais elle n’a pas regardé dehors ; elle a prié un moment et puis quand il fit bien jour, elle est sortie. Mais de la ville plus trace ; seule sa petite maison était debout, quant au reste, ce n’était plus qu’un lac.

Le pauvret  était le bon Dieu ; il a puni les Sédunois parce qu’ils n’ont pas voulu l’héberger ni lui donner un morceau de pain.

Zacharie Balet, RP Capucin

« RCL d’Arbaz et de Grimisuat »